Synthèse du Webinar Regards croisés avec Frédéric Visnovsky, Médiateur National du Crédit et Pierre Pelouzet, Médiateur des Entreprises » du 06 juillet 2020

Les prises de parole réunissant les deux médiateurs sont rares, c’est donc un rendez-vous exceptionnel auquel ont assisté près de 300 participants. Ce webinar était animé par le journaliste Rachid Arhab qui soulignait l’importance de la tâche accomplie par le comité de crise sur les délais de paiement, mais aussi la bienveillance et la disponibilité dont font preuve Frédéric Visnosky et Pierre Pelouzet.

Jérôme Mandrillon, Délégué Général des Assises des délais de paiement, accueillait les intervenants, les remerciait pour leur participation et soulignait l’importance de l’enjeu national des délais de paiement dans la réussite de la relance économique après les conséquences très lourdes de la pandémie de la COVID-19.

Frédéric Visnovsky, Médiateur National du Crédit, entamait les débats en rappelant les actions de l’État et du comité de crise puis en apportant quelques éléments sur la situation actuelle et les points de tension.

« 8 000 dossiers déposés en deux mois avec la COVID-19 contre 1000 par an. »

« Le taux de refus du PGE est de 2,5% et concerne tout de même 16 000 entreprises. »

Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises et membre du comité stratégique des Assises des délais de paiement, souhaitait souffler un vent d’optimiste sur la situation à condition que tous les acteurs de l’économie nationale agissent pour réactiver les moteurs de la croissance.

« La médiation est passée d’une activité à x 10 à une activité à x 3. Nous faisons preuve d’une vigilance extrême sur les délais de paiement. »

« Si nous voulons relancer l’économie et limiter les défaillances, il est de la responsabilité des donneurs d’ordre de passer des bons de commande en juillet, et pas à la rentrée en septembre ! »

« Nous n’oublions pas dans notre relation avec les entreprises, nous recréons de la confiance et nous apportons de l’humain. »

Eric Scherer,  Président de l’AFDCC, rappelait que le socle de la reprise d’activité des entreprises était leur carnet de commandes et qu’une grande majorité de PME et de TPE, surtout, ne disposait que d’environ deux mois de trésorerie devant elles

 « Cette crise est totalement inédite avec des volumes d’aides et d’endettement induits, pour tous les agents économiques sans aucune mesure avec ceux de 2008 ! ». Pour les entreprises en particulier, cela représenterait bientôt près de 2.000 milliards d’euros de dettes financières ! La part de l’endettement bancaire serait de l’ordre de 1.156 milliards actuellement dont 306 milliards de crédits de trésorerie. »

 « Il faut donc éviter que le « matelas » des aides ne soit retiré top tôt. »

« Les banques jouent leur rôle et analysent les situations au cas par cas. »

« Les entreprises trop fragilisées avant la crise ne pourront pas survivre à cette période. C’est une réalité, il faut l’admettre et limiter la casse sociale. »

« Pour le Credit Manager, contraint également de travailler au cas par cas pour prévenir les faillites et réduire les retards de paiement, la digitalisation a montré combien elle permettait de le faire plus efficacement avec aussi des effets positifs sur l’environnement. »

Sébastien Bouchindhomme, Délégué Général de la FIGEC, insistait sur la situation difficile telle qu’elle était vécue par les chefs d’entreprise.

  • La fédération est une vigie de premier ordre pour apprécier le principal risque qui pèse sur les entreprises, à savoir défaut de paiement et défaillances d’entreprises.
  • Dans ce contexte, la trésorerie est un sujet de préoccupation majeur des chefs d’entreprises.
  • Nous estimons à 90 000 entreprises qui ont moins de 30 jours de liquidité !
  • Pour commencer, les entreprises vont devoir rembourser les charges qui avaient été décalées grâce à des carnets de commande qui sont pourtant loin d’être remplis.
  • Le crédit inter-entreprises, se chiffre à environ 700 Mds €, et que sur ce total, 35 % seulement font l’objet de factures payées à l’heure ! 450 Mds € sont toujours ainsi indisponibles pour les entreprises qui en ont cruellement besoin !
  • Bien entendu, il ne s’agit pas de jeter la pierre sur une catégorie précise d’entreprises, mais il convient de dénoncer avec fermeté les manquements à l’éthique tels que les renégociations forcées de contrats déjà signés ou la pratique qui consiste à faire de la trésorerie sur le dos des fournisseurs.
  • Dans la période actuelle il n’a jamais été aussi important de surveiller son poste client (score de défaillance, comportement payeur, indice COVID…) et de prendre de la hauteur sur son porte-feuille de clients. Et enfin, il est nécessaire de gérer son poste client.
  • Cette crise a exacerbé des tendances déjà existantes et connues :
    • Délocalisation excessive de plusieurs secteurs stratégiques,
    • Rupture technologique,
    • Empreinte carbone trop lourde,
    • Rémunération de l’actionnariat au détriment des investissements dans l’appareil productif.
  • Mais aussi nouveaux usages :
    • Télétravail,
    • Click & collect,
    • E-commerce, 
    • Achat local…
  • C’est dès maintenant, sans attendre septembre ou en octobre, que nous devons veiller sur nos entreprises, avec un véritable plan de relance de l’activité.

De nombreuses questions ont été posées par les participants sur différents sujets comme la situation en Outre-mer, l’affacturage inversé, les droits et devoirs des entreprises bénéficiant d’un PGE.

Retrouvez l’intégralité du webinar en cliquant sur ce lien

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